Comment l'esprit communautaire améliore les performances
Yanto Barker, fondateur de Le Col
Il y a un moment que tous les cyclistes connaissent : celui où les jambes sont à bout, où l’on est fatigué, où le temps est exécrable, et où tout dans notre tête nous dit qu’on n’a pas besoin de sortir, ou qu’on peut sauter cette partie et lever le pied. Je suis passé par là un nombre incalculable de fois. Et presque chaque fois que j’ai réussi à surmonter ce moment, il y avait quelqu’un d’autre en jeu : un coéquipier, un partenaire d’entraînement, quelqu’un que je respecte et que je ne veux pas décevoir.
L’esprit de groupe ne se contente pas de rendre l’entraînement plus agréable, il vous rend véritablement meilleur. La science le confirme, mais honnêtement, pas besoin d’étude pour le ressentir. Lorsque vous roulez avec d’autres, vous maintenez des efforts que vous ne pourriez jamais soutenir seul. Vous repoussez vos limites un peu plus longtemps, car décevoir le groupe est pire que la douleur. C’est la responsabilité à l’état pur, et c’est l’un des outils de performance les plus puissants dont dispose tout athlète, pas seulement les sportifs d’élite. Que vous visiez votre premier « century » ou que vous cherchiez à gagner quelques minutes lors d’une course cycliste, le fait d’avoir des personnes qui connaissent vos objectifs et qui s’y intéressent change.
La communauté, c’est aussi apprendre plus vite. Certaines des choses les plus précieuses que j’ai apprises sur la gestion de l’effort, la nutrition, la récupération et l’aspect mental de l’endurance proviennent de conversations après les sorties, et non de programmes structurés.
Quand on est entouré de personnes à différentes étapes d’un même parcours, ce savoir circule naturellement. Quelqu’un qui a quelques mois d’avance sur vous a déjà commis les erreurs que vous êtes sur le point de faire. Il y a aussi quelque chose de plus profond : l’engagement. Il est facile de faire l’impasse sur une séance lorsque le réveil sonne à 6 h du matin et que personne ne vous attend. C’est beaucoup plus difficile quand quelqu’un est déjà garé au point de rendez-vous. Une routine partagée devient une identité partagée. Vous cessez d’être quelqu’un qui essaie de faire du vélo régulièrement pour devenir quelqu’un qui fait du vélo. C’est dans ce changement de perception de soi que réside le véritable progrès à long terme.
Les meilleures performances auxquelles j'ai participé ont toujours reposé sur un esprit d'équipe ou de communauté. Il ne s'agit pas seulement d'un entraîneur ou d'un programme, mais d'un groupe de personnes qui travaillent dans le même sens, qui célèbrent les petites victoires et qui sont présentes même dans les moments difficiles. L'entraînement peut être une activité solitaire, mais le progrès l'est rarement. Trouvez vos alliés, et le reste suivra naturellement.