Tom Mazzone : Des routes blanches aux pavés, la saison commence

Le printemps est l'une de mes périodes préférées de l'année pour faire du vélo. Les kilomètres d'entraînement hivernaux sont derrière moi, les journées s'allongent, ces grands événements qui semblaient si lointains se rapprochent soudainement sur le calendrier, et la saison cycliste bat son plein, avec pour coup d'envoi « les Classiques ».

Pour moi, cette année, la saison commence en Toscane avec la Strade Bianche Gran Fondo, avant de mettre le cap vers le nord, en Belgique, quelques semaines plus tard pour le Tour des Flandres Sportive.

Ce sont deux des événements les plus emblématiques du cyclisme. Tous deux se déroulent sur les mêmes routes que les courses professionnelles, le même week-end, ce qui ajoute à l’ambiance et donne le sentiment de faire partie intégrante de la course. Des milliers de cyclistes du monde entier se rassemblent pour parcourir ces itinéraires et relever le défi.

Ces deux événements ont chacun leurs propres exigences. L’un se caractérise par des routes de gravier à travers les collines vallonnées de Toscane, l’autre par des ascensions pavées imprégnées d’histoire cycliste au cœur de la Belgique.

Une bonne préparation peut faire toute la différence quant au plaisir que vous tirerez de cette expérience.

Première fois sur les Routes blanches

Cette année, ce sera en fait la première fois que je participerai à la version Gran Fondo de la Strade Bianche, ce qui me réjouit énormément.

Si vous avez déjà suivi cette course, vous savez qu’elle est célèbre pour son « sterrato », ces routes de gravier blanc qui serpentent à travers la campagne toscane. C’est un plaisir incroyable de rouler dessus, mais cela représente aussi un défi totalement différent de la course sur route classique.

Le choix des pneus devient ici crucial.

Je vais utiliser des pneus Pirelli P Zero Race de 35 mm, légèrement plus larges que ceux que j’utilise habituellement, et je vais réduire la pression à un peu moins de 60 psi. Cela devrait offrir un très bon équilibre pour une épreuve comme celle-ci. On conserve la vitesse et l’efficacité recherchées sur la route, tout en bénéficiant d’une adhérence et d’une protection anti-crevaison suffisantes pour aborder en toute confiance les plus de 40 kilomètres de sections de gravier.

Certains secteurs sont rapides et fluides, mais d’autres peuvent être accidentés, poussiéreux et techniques. Avoir confiance en son équipement fait une énorme différence dans la façon dont on aborde ces passages. J’ai la chance d’avoir pu sélectionner et travailler avec de grandes marques dont je suis totalement convaincu, ce qui n’est pas toujours le cas pour un coureur professionnel.

Si vous avez déjà roulé sur des routes inconnues lors d'une grande épreuve comme celle-ci, vous savez à quel point la navigation peut être utile. Même s'il y a des panneaux de signalisation, je télécharge toujours le fichier GPX sur mon Wahoo. Savoir quand la prochaine montée ou le prochain tronçon de gravier approche vous aide à gérer vos efforts et à planifier vos ravitaillements tout au long de la journée.

Quand vous êtes fatigué en fin de journée, ce genre d'informations vous facilite grandement la vie.

Retour sur des chemins familiers en Flandre

Début avril, je retournerai en Belgique pour le Tour des Flandres. Ce sera ma deuxième participation à cette course, même si ces routes et ces pavés me seront très familiers. J’ai passé près de cinq ans à vivre et à courir en Belgique au début de ma carrière, et c’est vraiment là que j’ai appris mon métier de coureur, ce qui m’a permis de traverser de nombreuses années de compétition chez les professionnels.

Les ascensions, le Kwaremont, le Paterberg, le Koppenberg, sont courtes mais d’une pente brutale, et les pavés ajoutent une difficulté supplémentaire. Ce n’est pas seulement une question de puissance ; il s’agit de rester détendu alors que le vélo rebondit sous vous, de conserver son élan dans les montées et de rester en selle pour les conquérir, ce qui s’avère être quelque chose d’inconnu pour beaucoup. Même les pros ont dû se battre dans ces ascensions ces dernières années.

Même si je connais bien ces routes, la Flandre représente toujours un défi. On ne sait jamais vraiment à quelle météo on va être confronté, et même sans vent ni pluie, il y a une quantité impressionnante de montées entrecoupées d’innombrables secteurs pavés. Même le parcours de 163 km est éprouvant et laisse les jambes endolories bien avant de pouvoir savourer une bière belge bien méritée après coup.

Encore une fois, le choix de l'équipement est crucial ici. Les pneus, la tenue et le fait de s'assurer d'être bien alimenté tout au long de la journée peuvent faire la différence entre terminer en force et profiter de chaque minute, ou voir des étoiles au-dessus du Paterberg et lutter contre ses démons intérieurs juste pour atteindre la ligne d'arrivée à Audenarde.

La Réalité des Conditions Printanières

Le facteur que l'on sous-estime le plus lors des événements printaniers, c'est la météo.

Elle peut être magnifique, ensoleillée et chaude… ou glaciale, pluvieuse et venteuse, parfois tout cela dans la même journée. Le plus souvent, c'est cette dernière option qui prévaut chez moi, sur l'île de Man, mais tous ceux qui ont déjà roulé en Europe du Nord à cette période de l'année savent exactement de quoi je parle.

C'est pourquoi le choix de votre équipement devient absolument crucial.

Vous pourriez commencer votre sortie par une matinée fraîche et vivifiante avant le lever du soleil, puis voir les températures grimper plus tard dans la journée. Ou vous pourriez tout aussi bien vous retrouver à rouler sous la pluie et le vent toute la journée.

Pour ces sorties, je compte toujours sur ma tenue Le Col, quelles que soient les conditions. Au printemps, la clé réside dans la superposition : un sous-maillot à manches courtes, des manchettes et le coupe-vent Pro insolante sont presque toujours indispensables. Si les prévisions météo semblent imprévisibles, j’emporte également la veste de pluie Pro légère.

Lorsque vous roulez pendant cinq ou six heures, le confort devient tout aussi important que la performance.

Gérer son Ravitaillement

L'un des principaux défis lors d'épreuves comme celles-ci est de bien gérer son ravitaillement.

Sur un terrain accidenté, qu'il s'agisse de gravier en Toscane ou de pavés en Belgique, il n'est pas toujours facile de manger. On n'a pas souvent l'occasion de lâcher le guidon quand le vélo rebondit sous nos pieds.

C'est pourquoi, dès que la route est droite, lisse ou en descente, j'en profite pour manger et boire. L'essentiel est de maintenir son niveau d'énergie à un niveau constant plutôt que d'attendre d'avoir faim ou d'être fatigué. Une fois que l'on a pris du retard en matière d'alimentation lors d'épreuves comme celles-ci, il est très difficile de rattraper son retard.

Personnellement, j'utilise un mélange de produits pour m'alimenter pendant l'entraînement. Cet hiver, j'ai utilisé les produits nutritionnels de Veloforte lors de longues sorties d'entraînement. Leurs barres et leurs gommes sont faciles à digérer et ont un goût naturel, ce qui est important lorsque l'on roule pendant cinq ou six heures. Il est également important d'habituer son estomac à un apport plus élevé en glucides lors d'efforts prolongés.

Sur les routes que l'on voit à la télévision

Ce que j'adore dans ces événements, c'est qu'ils permettent aux cyclistes de tous âges et de tous niveaux de découvrir certaines des routes les plus emblématiques du cyclisme, souvent quelques heures seulement avant ou après les professionnels. C'est un peu comme jouer à Wembley la veille de la finale de la FA Cup.

Vous ne vous contentez plus de regarder les courses, vous en faites partie. Gravir les côtes, sentir les pavés, franchir la même ligne d'arrivée et partager la route avec des milliers d'autres cyclistes qui aiment ce sport autant que vous.

Pour moi, c'est ce qui rend le cyclisme si spécial. Quand tout se met en place le jour J, il n'y a rien de comparable à ce sentiment.

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